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  Publié le 16/02 à 13:12

Chili: la fin d'Allende

Il y a 30 ans, le 11-9-1973, l'armée renversait le président socialiste Salvator Allende, démocratiquement élu en 1970
par Laurent Ribadeau Dumas

Pour son chef, le général Augusto Pinochet et ses soutiens, à droite, dans les milieux d'affaires et aux Etats-Unis, il s'agissait de sauver "le Chili du communisme".

Une féroce dictature s'abattait alors sur le pays: 3500 opposants assassinés ou disparus, entre 250.000 et un million de Chiliens exilés à l'étranger.

Une impitoyable répression
- AFP -

En ce matin du 11 septembre 1973, Salvator Allende, 65 ans, porté au pouvoir trois ans plus tôt, n'est plus entouré que d'une poignée de fidèles. Le palais présidentiel de la Moneda, à Santiago, bombardé par l'aviation et cerné par l'armée, est en flammes. Le chef d'Etat chilien demande à ses proches de se rendre. Lui-même décide de se suicider avec un fusil automatique AK-47 offert par le président cubain Fidel Castro. Le coup d'Etat, déclenché quatre heures plus tôt, est terminé.

En pleine attaque de la Moneda, le président avait lancé un dernier message radiodiffusé à ses concitoyens: "Je ne vais pas démissionner (...). Je ne renoncerai pas, je paierai de ma vie la loyauté du peuple. J'ai la certitude que mon sacrifice ne sera pas vain. Je suis sûr qu'il sera, au moins, une leçon morale qui punira la félonie, la lâcheté et la trahison. D'autres hommes surmonteront cette période sombre et amère".

Auparavant, les putschistes lui avaient proposé de quitter le pays en avion après une "reddition inconditionnelle". Mais c'est un piège, comme le montrent des enregistrements de communication entre Pinochet et un autre officier: "On le fait prisonnier sans conditions en ne lui offrant que la vie sauve ?", demande le second. "Nous maintenons l'offre de lui faire quitter le pays... mais l'avion tombera en vol", répond le premier avec un grand éclat de rire.

Dans le même temps, l'armée pourchasse les militants politiques de gauche, enlevés à leur domicile ou sur leur lieu de travail, sans que leurs familles soient informés de leur sort. Dans le stade national de Santiago, près de 12.000 personnes sont ainsi incarcérées, torturées, exécutées.

"Notre expérience a été terrible, j'ai été détenu pendant deux mois. Les militaires m'ont battu et j'ai été témoin de scènes horribles. J'ai entendu des cris désespérés et des tirs dans la nuit", témoigne Guillermo Torres Gaona, président de l'Association des journalistes qui fut emprisonné dans le stade national.

"Les détenus étaient jetés dans les vestiaires, sans possibilité de communiquer et de dormir tous allongés sur le sol, faute de place. Les plus jeunes dormaient debout dos à dos pour laisser les bancs aux camarades les plus âgés. Nous n'avions que les vêtements que nous portions sur nous, jusqu'à ce que des organisations internationales donnent, via la Croix Rouge, des couvertures, en nombre insuffisant pour tous", poursuit Guillermo Torres.

Dans les années qui suivent, la répression est menée par la DINA, la Direction du renseignement national, dénoncée comme ayant été une véritable Gestapo chilienne. Elle est commandée par Manuel Contreras, qui prend "presque tous les jours son petit déjeuner avec Pinochet", rapportent des spécialistes. Selon les archives du parti socialiste chilien, la DINA ira jusqu'à exécuter des femmes avec leurs enfants. Une autre de ses "spécialités": jeter ses victimes dans le Pacifique, dans des fleuves ou des lacs pour ne laisser aucune trace...
Le putsch et sa préparation
- AFP -

Augusto Pinochet, général de l'armée de terre, ne se serait rallié... que le 9 septembre à l'idée du coup d'Etat ("golpe" en espagnol) dont le plan a été préparé à l'initiative de la marine. "Cela pourrait nous coûter la vie", explique-t-il. Deux semaines auparavant, il avait été nommé commandant en chef de l'armée par le président Allende, dirigeant d'un pays jusque là réputé pour sa stabilité politique et démocratique, et persuadé de la loyauté de l'officier supérieur.

Celui-ci avait été recommandé au chef de l'Etat par son prédécesseur, le général Carlo Prats, fidèle au gouvernement mais abandonné par ses pairs... Un an plus tard, l'ex-commandant en chef, en exil en Argentine, est assassiné, sans doute par des agents de la sinistre DINA.

Le 29 juin, le "golpe" avait été précédé par le soulèvement d'une unité de tanks à Santiago. Soulèvement qui avait fait 22 morts et avait été réprimé grâce à des militaires loyalistes.

L'armée n'en était donc pas à son coup d'essai. Le 22 octobre 1970, deux semaines avant l'investiture officielle de Salvator Allende, deux généraux chiliens, manipulés par l'attaché militaire américain et soutenus par des hommes du mouvement d'extrême droite Patrie et Liberté liés à la CIA, avaient assassiné celui qui était alors le chef de l'armée, le général René Schneider. Particularité: ce dernier était hostile à un éventuel "golpe".

L'ombre des USA se profile derrière ces différents évènements. "Si les Etats-Unis n'ont pas directement participé au complot du 11 setpembre 1973, ils ont tout fait pour préparer le coup d'Etat contre Allende, qui était pourtant un dirigeant démocratiquement élu. La responsabilité n'en est pas moins grande", explique dans "Libération" Peter Kornbluh, chercheur au National Security Archives, à Washington. L'homme sait de quoi il parle: il a largement contribué à la "déclassification" des archives de la CIA. Lesquels prouvent de manière irréfutable ce qu'il avance.

Au moment de l'arrivée au pouvoir d'Allende et de son Unité populaire (UP), coalition regroupant socialistes, communistes et radicaux, le président Richard Nixon avait demandé à l'ambassadeur américain à Santiago de tout faire pour renverser "this son of a bitch", "ce fils de pute"... On ne peut être plus clair. La Maison Blanche avait dégagé dix millions de dollars à cet effet.

Motif: en Amérique latine, chasse gardée des Etats-Unis, "un président marxiste, vainqueur à la loyale d'élections honnêtes, était un exemple déplorable pouvant faire des émules", écrit dans "Le Monde" Pierre Kalfon, correspondant du quotidien au Chili pendant la période Allende. Pour Henry Kissinger, conseiller de Nixon, l'arrivée de la gauche aux affaires allait provoquer "l'installation d'un régime communiste au Chili". Et d'ajouter que "l'Argentine, le Pérou et la Bolivie pourraient suivre cet exemple".

La déstabilisation du pays
- AFP -

Relayés par la droite et un peu plus tard par la démocratie-chrétienne, les Etats-Unis ont largement contribué à déstabiliser le Chili et son gouvernement légal. La CIA a reçu pour ordre "d'alimenter un climat propice au coup d'Etat". Il semble qu'elle y ait parfaitement réussi...

Courant 1973, la tension économique et social est à son comble. L'inflation atteint 500 %. Le pays est paralysé par les grèves organisées dans les mines de cuivre, l'une de ses principales richesses (le Chili est le premier producteur mondial de ce minerai), dans les transports publics, par les camionneurs. Soutenus par la CIA, ceux-ci empêchent l'acheminement des biens alimentaires et accélèrent la pénurie.

Les attentats orchestrés par Patrie et Liberté se multiplient. L'extrême gauche occupe les usines et les terres. "Manifestations et contre-manifestations bruyantes, parfois impressionnantes", dixit "Le Monde", se sont emparées de la rue. La presse de droite, majoritaire dans le paysage médiatique, affole l'opinion. Entre 1971 et 1972, un journal comme le très conservateur "El Mercurio" a reçu 1,665 million de dollars des services américains.

Parallèlement, la politique de l'Unité populaire heurte "les intérêts de la bourgeoisie rurale et industrielle, effrayant les possédants en général", rapporte "Le Monde". L'application de la réforme agraire (6,6 millions d'hectares expropriés entre 1970 et 1973), commencée par le gouvernement précédent, incite "les propriétaires terriens à démanteler leurs domaines, à faire passer leurs troupeaux en Argentine" et "à former bientôt des 'gardes blanches' pour s'opposer aux expropriations".

La nationalisation des banques, du téléphone, des grandes usines textiles, des richesses minières, source essentielle de devises, mécontente les grandes firmes américaines qui possèdent nombre de ces secteurs vitaux de l'économie chilienne. Celle du cuivre, particulièrement, votée à l'unanimité au Parlement, hérisse Washington. D'autant plus que le gouvernement d'Allende refuse toute indemnisation au motif des "bénéfices excessifs" accumulés. Le géant américain des télécommunications ITT, qui règnait en maître sur le téléphone chilien, apporte son aide à la CIA.

A son arrivée au pouvoir, l'Unité populaire avait augmenté les salaires, permettant ainsi d'augmenter la consommation. Mais la reprise de la production n'est pas au rendez-vous. "Au contraire, la pression de la demande" provoque "une hausse des prix et la nécessité d'importer produits alimentaires et matières premières pour l'industrie", observe "Le Monde".

Dans le même temps, la situation financière est critique. D'une part "en raison d'une dette extérieure gigantesque, fort ancienne". Mais aussi parce que les crédits habituels manquent: les capitaux fuient, les organismes financiers internationaux, influencés par les Etats-Unis, instaurent un blocus du pays, le prix du cuivre est manipulé à la baisse... Ce qui fera dire à Allende devant l'ONU: "Nous sommes un Vietnam silencieux".
La fin d'un rêve
- AFP - Files Prensa Latina -

Le 4 septembre 1970, Salvador Allende obtient 36,3 % des voix, face au candidat de droite (35 %) et à celui de la démocratie chrétienne (27,8 %). Le dirigeant socialiste n'ayant pas obtenu la majorité absolue, le Parlement (Congrès) doit alors choisir le nouveau président. Allende l'emporte grâce à un accord avec la démocratie chrétienne.

Salvador Allende ne dissimule pas ses convictions marxistes et franc-maçonnes. Il entend mettre en oeuvre une "voie chilienne au socialisme", basé sur une "révolution au sein des institutions bourgeoises". Il s'agit d'"orienter le pays vers une nouvelle société plus humaine, dans lesquelles les buts ultimes sont la rationalisation de l'activité économique, la socialisation progressive des moyens de production et le dépassement de la division de classes".

Les premières mesures du gouvernement d'Unité populaire, notamment l'augmentation des salaires, lui apporte "l'adhésion enthousiaste du petit peuple des villes et des campagnes" qui voyait "s'éloigner le chômage et augmenter son niveau de vie", rapporte Pierre Kalfon, correspondant du "Monde" au Chili à l'époque de ces évènements.

Mais l'aggravation de la situation économique va exacerber les positions des uns et des autres. "Refusant la passivité, prise à la gorge par le développement du marché noir et les boycotts patronaux, la fraction la plus radicalisée du mouvement ouvrier s'organise de manière indépendante du gouvernement", observe "Le Monde diplomatique". Un mouvement qui se traduit "par le nombre croissant d'entreprises occupées en vue de leur nationalisation, l'augmentation du nombre de grèves et, à la campagne, par l'étendue des domaines expropriés, bien au-delà des réformes annoncées par Allende".

"Nous sortions exproprier les bus avec des armes de poing, des pistolets et nous les amenions à l'intérieur des usines entre les mains des travailleurs. Ainsi, nous garantissions que la production ne s'arrête pas. Nous allions aussi chercher les travailleurs et nous les transportions", raconte au "Monde diplomatique" un militant d'extrême gauche.

L'Unité populaire vascille sur sa gauche. Communistes et radicaux entendent rallier les classes moyennes effrayées par le chaos politique et économique. Alors que socialistes et extrême gauche veulent "avancer sans transiger" et condamnent la timidité des réformes.

Déstabilisé aussi sur sa droite, le gouvernement n'en obtient pas moins 43,4 % des voix aux législatives du 4 mars 1973. L'opposition doit renoncer à destituer légalement Salvator Allende, ne disposant pas des deux tiers des voix au Parlement. Devant le blocage de la situation, le président annonce le 10 septembre qu'il convoquera le lendemain un plébiscite pour résoudre la crise institutionnelle. Le général Pinochet lui conseille alors de le repousser au 12 septembre...

Le Chili de l'après-putsch
- AFP -

Une fois au pouvoir, le général Pinochet instaure l'un des régimes militaires les plus répressifs d'Amérique latine. Il va même se vanter de contrôler... le mouvement des feuilles des arbres. La privation des libertés fondamentales et la répression étant justifiées par le "péril communiste".

Le 26 juin 1974, il devient le "chef suprême de la nation". Quatre ans plus tard, il décrète une amnistie pour les crimes commis depuis 1973. Il entend aussi consolider son pouvoir: en 1980, il fait adopter une Constitution sur mesure. Celle-ci prévoit un plébiscite programmé en 1988.

Un plébiscite qu'il perd (54,7 % de non). En 1989, le démocrate-chrétien Patricio Aylwin est élu président de la République. Mais Augusto Pinochet reste commandant en chef des armées.

Le Chili reste donc une démocratie sous surveillance. Et l'armée, "garante de l'ordre institutionnel", un Etat dans l'Etat, qui "véhicule les valeurs les plus conservatrices du national-catholiscime", observe "Libération".

Son budget ne peut être inférieur à celui de 1988 et "est augmenté chaque année, au minimum, de l'inflation", explique le journal. De plus, elle dispose, hors budget de 10 % du revenu des exportations de la plus grosse entreprise de cuivre du pays. Soit un pactole de 400 millions de dollars par an les bonnes années. Ce qui lui a permis d'acheter récemment "250 tanks Léopard, des sous-marins français, 10 avions F16 flambant neufs et des frégates", note un spécialiste dans "Libé". "Pour quoi faire ? On n'en sait rien..."

De plus, les militaires se sont octroyés un solide système d'assurance maladie et de retraite dont les déficits sont couverts par le budget de l'Etat. Ce qui ne les a pas empêchés, au pouvoir, de pratiquer une politique économique ultra-libérale, largement influencée par les thèses du prix Nobel américain Milton Friedman. Une politique qu'en raison de la dictature n'ont pu contester ni partis politiques, ni syndicats, ni presse indépendante... Et qui n'est pas fondamentalement remise en cause aujourd'hui.

Le Chili a donc en quelque sorte été entièrement privatisé puisque l'Etat s'est désengagé de tout: entreprises, santé, retraites, éducation... Conséquence: dans les années 90, le pays affiche 7 % de croissance, descendus à 3 % actuellement. Il a ainsi pu éviter les crises qui ont affecté ses voisins, notamment grâce à un endettement beaucoup moins élevé.

Pour autant, "les inégalités sont encore largement plus élevées qu'à la fin des années 60", selon un économiste chilien cité par "Libération". Le système de protection sociale est mal en point. Et la fréquentation des établissements scolaires revient très cher aux familles.










Salvador Allende, marxiste et démocrate
- AFP -

Médecin de profession, Salvador Allende est né le 26 juin 1908 dans la ville portuaire de Valparaiso, à 110 km à l'ouest de Santiago. Fils d'avocat et de notaire, il a dédié une grande partie de sa vie à sa grande passion: la politique.

Sa première approche en politique date de son expérience au collège lorsqu'il a fait la connaissance de l'anarchiste italien Juan Demarchi qui l'a initié à la lecture de textes marxistes. Agé à peine de 15 ans, Allende, surnommé "El Pije" ("l'élégant"), discute déjà de politique avec la sagacité d'un vétéran: c'est du moins ce dont se souviennent des proches du futur leader socialiste.

En 1927, il est élu président de l'association des étudiants à l'université du Chili où il étudie la médecine. Suivant la tradition familiale, il incorpore la franc-maçonnerie. Deux ans plus tard, il collabore à la naissance du parti socialiste dont il devient le secrétaire général à l'âge de 30 ans.

En 1937, il est élu député et devient ensuite ministre de la Santé. Il sera élu sénateur en 1945, une fonction qu'il occupera pendant 25 ans.

Avant d'être élu à la Moneda en 1970, il avait déjà été deux fois candidat à la présidence de la République: en 1958, où il passe tout près de la victoire, et en 1964. "Plus proche des communistes que de son propre parti, Allende ne se laisse pas entraîner dans le virage vers la gauche pris par les socialistes chiliens" après son second échec, observe "Le Monde diplomatique".

S'il apprécie et soutient le régime castriste, il entend montrer par sa victoire à la présidentielle que la voie armée n'est pas la seule possible pour arriver au pouvoir. Une philosophie comprise par Che Guevara: lui dédicaçant son livre fétiche, le chef guerillero lui écrivait: "A Salvator Allende, qui essaye d'obtenir la même chose par d'autres moyens" (cité par "Le Monde"). A ses yeux, le socialisme chilien doit être libertaire, démocratique et pluraliste.

"Arrivé au pouvoir, jamais il n'envisagera d'abandonner son éthique humaniste ni de recourir à l'autoritarisme du pouvoir, comme l'ont fait presque tous les présidents [chiliens] depuis 1932", observe "Le Monde diplomatique".
Augusto Pinochet, général et dictateur
- France 3 -

Né le 25 novembre 1915 à Valparaiso (tout comme Allende...), fils de militaire, issu d'une famille française ayant quitté Saint-Malo au début du XVIIIème siècle, Augusto Pinochet Ugarte n'a jamais terminé ses études. Il avait en effet été renvoyé de l'école pour... indiscipline. A 15 ans, il postule à l'école militaire, mais n'y sera admis qu'à la troisième tentative en 1932.

En 1940, il épouse Lucia Hiriart, dont il aura trois filles et deux gargons. Sept ans plus tard, le capitaine Pinochet dirige à Iquique (1460 km au nord de Santiago) un camp où sont emprisonnés les dirigeants du parti communiste proscrit par le président Gabriel Gonzalez Videla (1946-1952).

Quand le 4 septembre 1970, le socialiste Salvador Allende est élu président, Augusto Pinochet obtient le grade de général. Il devient chef des armées deux semaines avant le "golpe".

Grâce au putsch de 1973, Pinochet est devenu, aux yeux des milieux d'affaires et de la droite, "l'homme qui a sauvé le Chili du communisme". Il est aussi, pour eux, celui qui a fait décoller le pays en privatisant les grandes entreprises d'Etat.

Ce partisan de l'économie libérale a cependant eu des déboires avec les Etats-Unis après l'assassinat, par sa police secrète en 1976 à Washington, d'Orlando Letelier, ancien ministre des Affaires étrangères d'Allende. "Catholique, apostolique et romain", il a également eu des relations tendues avec l'Eglise, bien qu'ayant reçu la visite du pape Jean Paul II en 1987.

En 1986, le dictateur échappe à un attentat du Front patriotique Manuel Rodriguez (gauche), au cours duquel cinq membres de son escorte sont tués.

Expert en géopolitique et en stratégie, il perdra cependant une bataille historique lors du plébiscite de 1988 où les électeurs lui refusent de rester une décennie de plus au pouvoir. L'année suivante, il connaît un nouvel échec avec la défaite de son candidat, Hernan Buchi, à la présidentielle. En 1990, il doit donc céder le pouvoir au démocrate-chrétien Patricio Aylwin.

A partir de 1994, sous la présidence d'Eduardo Frei, Pinochet se fait discret. Il reste cependant à la tête des forces armées jusqu'en mars 1998, date à laquelle il devient sénateur à vie en tant qu'ex-président.

Se croyant protégé par son immunité parlementaire, il se rend en septembre 1998 à Londres, où il sera détenu pendant 503 jours, à la demande du juge espagnol Baltasar Garzon qui souhaite l'extrader en Espagne pour le juger.

Libéré par les autorités britanniques, il rentre au Chili le 3 mars 2000, vieilli et humilié, pour répondre de plaintes en justice. Il est inculpé par le juge Juan Guzman en décembre 2000 pour enlèvements et assassinats de détenus politiques. La Cour suprême a cependant classé l'affaire le 1er juillet 2002,
estimant que la démence légère dont il serait atteint ne lui permet pas d'assurer sa défense.
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Une impitoyable répression


Le putsch et sa préparation


La déstabilisation du pays


La fin d'un rêve


Le Chili de l'après-putsch


Salvador Allende, marxiste et démocrate


Augusto Pinochet, général et dictateur
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Chili: le putsch, Soir 3, F3 (29-1-2001)


Pinochet: portrait, F3