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L'Arctique, océan de richesses

Il était une fois l'Arctique

L'Arctique, océan de richesses

Septembre 2012, la banquise arctique atteint sa plus faible surface jamais enregistrée avec une aire de 3.6 millions de km2 soit la moitié de la superficie de ces dernières années. D'après le GIEC, depuis 1980 son étendue et son épaisseur ont diminué respectivement de 15 et 40 %. Mais cette fonte attise la convoitise des États limitrophes et des groupes industriels étudient les possibilités d'exploiter les richesses enfouies de l'Arctique.

 

Une richesse inexploitée...

De nombreuses ressources en gaz et en pétrole, ainsi que d'abondants gisements restent encore inexploités dans ces terres gelées. Si l'exploitation de ces matières premières reste encore dangereuse et coûteuse en raison des conditions climatiques et des difficultés d'extractions, la fonte de la banquise et des glaciers continentaux est en train de changer la donne.

Les sous-sols de l'Arctique renfermeraient 13 % des réserves mondiales non découvertes de pétrole (90 milliards de barils, soit trois ans de consommation mondiale) et 30 % pour le gaz naturel (47 000 milliards de m3, soit six ans de consommation). Mais ce n'est pas tout ! Nickel, charbon, cuivre, fer, palladium, terres rares, diamants, or, étain, etc. abondent dans la zone ; principalement en territoire russe et canadien. La forte consommation d'énergies et de minerais, tout comme leur prix, ne cessent d'augmenter, ne faisant qu'exacerber les tensions géopolitiques dans la région.

 

… mais très disputée

A qui appartient l'Arctique ?
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Si, jusqu'à présent, aucun pays ne revendiquait une souveraineté territoriale sur l'océan Arctique, six États se le disputent désormais : la Russie, la Norvège, le Danemark, le Canada, les États-Unis et l'Islande. Chacun lorgnant sur les fabuleuses ressources qu'offre le pôle.

Depuis 1994, la convention dite de Montego Bay (CMB) réglemente le droit international de la mer. Elle crée la zone économique exclusive ou ZEE dans laquelle l'État possède, entre autres, des droits exclusifs d'exploitations de ressources naturelles jusqu'à 200 milles marins, environ 370 km, de ses côtes. Les eaux intérieures sont alors assimilées à des prolongements du territoire terrestre.

Mais il est possible d'étendre cette zone jusqu’à 350 milles nautiques, s'il est prouvé que le plateau continental – partie correspondant au fond et au sous-sol marins – s’étend en continuité géologique du territoire.

Ces six États côtiers — à l’exception des États-Unis n’ayant toujours pas ratifié la CMB — souhaitent étendre les limites de leur plateau continental aussi loin que possible afin de disposer des droits d'exploitation et de commercialisation des ressources de leurs fonds marins. D'ailleurs, l'expédition russe Arktika 2007 a planté symboliquement un drapeau russe sous le pôle Nord le 2 août 2007, provoquant de vives tensions avec les autorités canadiennes.

 

De nouvelles voies commerciales

L'ouverture des routes maritimes, permise par le recul des glaces, ajoute une nouvelle pièce à ce complexe jeu géopolitique. Ell0es donnent un accès plus facile à la région, aux transports commerciaux et touristiques, renforçant par là même les intérêts économiques autour de l'Arctique.

Les deux passages, celui du Nord-Ouest côté canadien et celui du Nord-Est côté russe, réduisent de plusieurs milliers de kilomètres les trajets entre l’Asie et l’Europe ou les États-Unis, par rapport aux voies via les canaux de Suez ou de Panama. Ouvert en 2007, le corridor du Nord-Ouest ne présente pas encore un véritable intérêt en raison du manque d'infrastructures dans la zone et de sa dangerosité (trajets tortueux et difficiles, présence de nombreux îlots). Un conflit oppose d'ailleurs le Canada le jugeant sous sa souveraineté et les États-Unis souhaitant y faire circuler ses navires, militaires notamment, sans autorisation.

Plus praticable et fréquentée depuis de nombreuses années par des navires russes, la voie maritime du Nord-Est représente un axe commercial majeur pour la Russie. Elle impose à chaque navire un droit de passage allant de 5 à 10 dollars la tonne. Cependant, même si certaines projections tablent sur 850 transits par an à l'horizon 2050, cela n'a rien de comparable avec les 20 000 navires annuels du canal de Suez. En vérité, les routes du Nord serviront certainement essentiellement aux transports de ressources polaires.

Devant des conflits de plus en plus nombreux, un Conseil de l'Arctique a été fondé en 1996 par les huit États polaires (Canada, Russie, États-Unis, Danemark, Islande, Norvège, Finlande et Suède) avec la participation des communautés autochtones de l'Arctique. Il se penche notamment sur les problèmes de développement durable et de protection de l'environnement.

Car l'intérêt pour les régions du Nord ne fait pas que des heureux. Ces enjeux économiques et territoriaux ainsi que les conflits politiques ne sont pas sans conséquence. Souvent chassées de leurs terres, les nombreuses ethnies polaires doivent lutter pour faire reconnaître leur existence, leurs cultures, et leurs droits à vivre dans cet écosystème de plus en plus menacé.

 

Traversez la banquise dans Il était une fois l'Arctique le vendredi 23 janvier à 20h45 dans Thalassa. Un film Via Découvertes.

Pour en savoir plus sur l'Arctique découvrez notre dossier.

Livres

  • Passer par le Nord

    Passer par le Nord

    Isabelle Autissier et Erik Orsenna

    Ed. Paulsen (2014)

  • L'Arctique, la nouvelle frontière

    L'Arctique

    La nouvelle frontière

    Michel Foucher

    Ed. CNRS Editions (2014)

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