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L'Arctique, océan de diversités

Il était une fois l'Arctique

L'Arctique, océan de diversités

Le climat très froid, la végétation clairsemée, la longue nuit polaire, un paysage qui change radicalement d'une saison à l'autre... tout cela fait de l'Arctique un univers hors du commun. Pourtant, des hommes habitent là-haut, au milieu d'animaux et de plantes d'une diversité insoupçonnée.

 

Une diversité de cultures

Environ quatre millions d'habitants vivent dans les régions polaires, certains peuples y sont même présents depuis des millénaires. Bien que répartis sur deux continents, ils ont développé certaines similitudes comme, par exemple, une certaine communion avec la Nature empreinte de chamanisme. Nomade ou sédentaire, chasseur ou éleveur, chacun s'adapte à sa manière à ce climat rigoureux.

Un pêcheur inuit au Groenland
Un pêcheur inuit au Groenland, CC Wili Hybrid

Les Inuit sont les habitants les plus connus du pôle Nord. Aujourd'hui sédentarisés, ils ont longtemps été des chasseurs et pêcheurs nomades. Actuellement, on dénombre une quarantaine d'ethnies regroupant entre 125 000 et 150 000 personnes distribuées sur un territoire recoupant les États-Unis, le Canada, le Danemark et la Russie. Depuis le 1er avril 1999, le gouvernement canadien a confirmé la création d'un immense territoire de près de 2 millions de km2 appelé le Nunavut, « notre pays » en inuit, pensé comme une patrie des Inuit du Canada.

Avec près de 465 000 membres, les Yakoutes sont l'un des plus grands groupes ethniques de l'Arctique. Originaires du lac Baïkal, ils occupent désormais la vallée de la Léna en Sibérie orientale. Les Shakhas, autre nom des Yakoutes, vivent en république de Sakha ou Yakoutie sur un territoire correspondant à un cinquième de la Russie ! Depuis la chute du régime communiste, les Yakoutes revendiquent une réelle autonomie économique et culturelle. Aujourd'hui, ils disposent même d'un drapeau et d'un hymne.

Les Sâmes ou Lapons, peuplent quant à eux les confins nordiques de l'Europe, de la Norvège à la péninsule de Kola en Russie. Forcés à la sédentarisation pendant la période soviétique, l'essentiel des 70 000 Sâmes vit dans les villes et exerce des activités dans l'agriculture, la pêche ou l'industrie. Seule une minorité pratique encore l'élevage transhumant de rennes et mène une vie nomade. Ils disposent d'un droit de vote au Parlement saami, un parlement démocratiquement élu qui agit comme une autorité gouvernementale (reconnu par la Suède, la Norvège et la Finlande, mais pas par la Russie).

Un enfant Nenets
Un enfant Nenets dans le Yamal en Russie, © Via Decouvertes

Enfin, « les petits peuples du nord de la Russie » selon leur dénomination usuelle, regroupent un peu plus de quarante ethnies, principalement en Sibérie. Parmi eux, les Nenets vivent en Sibérie occidentale et au nord-est de l'Europe sur un territoire d'un million de km². C'est la plus importante minorité autochtone de la région avec une population d'un peu plus de 40 000 habitants. Vous pourrez découvrir ces éleveurs de rennes, le 23 janvier dans l’émission spéciale de Thalassa « Il était une fois l'Arctique ».

 

Un univers riche et complexe

Le dénominateur commun à ses peuples est l'océan Arctique et ses rivages. Désert gelé aux premiers abords, l'Arctique est en fait composé d'une grande variété de paysages et de milieux. Des montagnes aux marécages et tourbières, des lacs en passant par des fleuves jusqu'à l'océan, autant de lieux où vivent une faune et une flore riches.

La banquise est sans conteste le décor le plus connu de l'Arctique. Cette immense bande d'eau de mer gelée d'un seul tenant s'appelle le pack. Son épaisseur va de quelques centimètres à plusieurs mètres selon l'âge de la glace et les saisons. Au cours de l'été polaire, une importante partie de la banquise disparaît et se fragmente ce qui forme des floes, des plaques de glaces dérivantes.

La toundra au Groenland
La toundra du Groenland, CC Chmee2/Valtameri

Mais l'Arctique compte également d'autres paysages caractéristiques comme la toundra qui s'étend sur près de 8 millions de km2. Ici, la végétation est rase, plaquée au sol, car le vent et la pauvreté nutritive du sol sont autant de facteurs limitant la croissance. Pour survivre, mousses et autres lichens s'étalent en formant une sorte de tapis végétal typique de la toundra. Aucun arbre ne peut pousser ici, le froid faisant geler la sève. Seuls les bouleaux nains et les saules polaires peuvent s'élever au maximum à un mètre du sol.

 

Entre la forêt boréale et la toundra, se trouve la taïga. Cette zone de transition a une végétation clairsemée constituée de conifères et d'arbustes. Sa superficie atteint presque le tiers des forêts de la planète. En hiver, les températures peuvent descendre au-dessous de -30 °C ! Malgré ces conditions extrêmes, de nombreuses espèces animales vivent dans ces contrées reculées.

On dénombre environ une centaine d'espèces d'insectes en Arctique illustrant les extraordinaires adaptations du vivant. Certains ont, par exemple, une taille plus petite pour réduire les apports nutritifs, d'autres ont la possibilité de se reproduire sans fécondation (parthénogenèse). Quelques insectes possèdent même des poils pour se protéger du froid !

L'Arctique abrite également une vingtaine de mammifères comme le renard polaire, le renne, le lemming ou encore l'écureuil. Symbole du pôle Nord, l'ours polaire est le plus grand carnivore du monde : un gros mâle peut dépasser les 700 kg ! Il se nourrit essentiellement de phoques qu'il capture lorsqu'ils remontent respirer à la surface, mais il peut aussi se nourrir d'œufs et de végétaux. L'ours blanc est aujourd'hui menacé principalement à cause de la destruction de son habitat et de la raréfaction de ses proies. Protégé depuis 1976, sa population serait passée de 5 000 à plus de 20 000 individus dans tout l'Arctique.

Pnigouin torda
Des pingouins torda (Alca torda), CC Michael Haferkamp

On retrouve aussi près de trois cents espèces d'oiseaux dans la région, dont le remarquable harfang des neiges habitant la toundra et la taïga. Ce rapace à la particularité d'avoir des plumes aux pattes pour se protéger du froid ! Sans oublier le célèbre pingouin torda, dont l'aire de répartition va de l'Arctique à la Méditerranée. Attention, il existe une méprise courante entre le manchot et le pingouin. Le manchot vit exclusivement au pôle Sud et ne peut pas voler à la différence du pingouin qui vit au pôle Nord.

 

Sous la surface et malgré une température proche de zéro, de nombreux animaux marins vivent dans les eaux polaires. Espèces emblématiques de cette partie du monde, les phoques, les morses et autres narvals possèdent une épaisse couche de graisse jouant le rôle d'isolant thermique. Cette dernière était utilisée par les Inuit comme huile. On retrouve aussi certaines espèces de requins comme le laimargue du Groenland, qui avec ses 4,5 m est le plus gros poisson de la région. La préservation de ce riche écosystème est primordiale si nous voulons sauvegarder ces espèces uniques au monde et si nous voulons empêcher un dérèglement général du climat.

 

Un régulateur thermique

Car l’océan Arctique joue aussi un rôle important dans la régulation du climat mondial. Lorsque les eaux chaudes et salées de l’océan Atlantique rencontrent les eaux froides de l'Arctique, leur température diminue et leur densité augmente et elles finissent par s'enfoncer dans l'océan. Ce processus s'appelle la circulation thermohaline. Il permet la création de courants marins tout autour du globe. L'ensemble permet un complexe brassage essentiel aux échanges thermiques contrôlant le climat.

 

Découvrez toutes les facettes du cercle polaire dans Il était une fois l'Arctique le vendredi 23 janvier à 20h45 dans Thalassa. Un film Via Découvertes.

Pour en savoir plus sur l'Arctique découvrez notre dossier.

Livres

  • Passer par le Nord

    Passer par le Nord

    Isabelle Autissier et Erik Orsenna

    Ed. Paulsen (2014)

  • L'Arctique, la nouvelle frontière

    L'Arctique

    La nouvelle frontière

    Michel Foucher

    Ed. CNRS Editions (2014)

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