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FUKUSHIMA

FUKUSHIMA


L'OCÉAN EST-IL TOUJOURS CONTAMINÉ ?



 

 

11 Mars 2011, un séisme de magnitude 9 suivi d'un tsunami ravage la côte pacifique du Japon. Les vagues atteignent plus de 30m par endroit. Six cents kilomètres de côtes sont détruits. Des villes et des villages portuaires disparaissent. On dénombre 26 000 victimes. L'explosion des réacteurs de la
centrale de Fukushima dans les jours qui suivent le tsunami, provoque une pollution radioactive comme le pays n'en a jamais connu…

19 mois après la catastrophe, une étude publiée dans la revue américaine Science dénonce les niveaux élevés de radioactivité des poissons pêchés au large de Fukushima. Avec la fuite persistante de la centrale nucléaire, les fonds marins sont devenus contaminés !
C’est d’ailleurs dans des poissons vivant au contact du fond dans la zone marine littorale que les plus importants niveaux de césium ont été relevés: rascasses, raies, congres, flétans, soles, etc.

Neuf mois après la catastrophe, nous sommes partis du nord au sud de l'archipel, à la rencontre de ces japonais qui ont survécu au cauchemar. Comment vit-on, comment reconstruit-on, comment réapprendre à espérer dans un pays blessé ? Notre voyage commence avec la recherche d'un personnage que nous avions filmé il y a 4 ans… Un ostréiculteur, poète, amoureux de la forêt et de la mer, qui vit dans la région de Miyagi, au nord-est, près du port de Kesennuma.

 

De Kesennuma à Fukushima, il n'y a que 200 km. Du côté des pêcheurs privés d’océans, personne ne sait si les bateaux reprendront la mer dans cette région. C'est la pollution radioactive maritime la plus importante qui ait jamais eu lieu.
Dix-huit centrales nucléaires sont construites au bord de la mer au Japon. Il ne reste que 4 réacteurs en fonction aujourd'hui.
Un seul endroit dans le pays résiste depuis toujours à la construction d'une centrale nucléaire. C'est l'île d’Iwaishima. Le tsunami ici a apporté de nouveaux arguments à leur lutte.

Une analyse effectuée par Ken Buesseler, chimiste à l’Institut océanographique de Woods Hole (Massachusetts, nord-est des Etats-Unis), a conclu qu’environ 40% des poissons pêchés dans les environs de la centrale de Fukushima (nord-est) ne sont pas consommables selon les normes établies par les autorités nippones. Les résultats, selon Buesseler, tendraient à prouver que les taux constatés sont provoqués soit par une petite fuite persistante de la centrale, soit par la contamination des fonds marins.



Un scientifique effectue des prélévements sur un poisson. FDA
Ken Buesseler au cours de la mission. Woods Hole Oceanographic Institution
Unité 4 de la centrale de Fukushima Daiichi vue d'hélicoptère. Tokyo Electric Power Company

Le scientifique précise toutefois qu’au large du nord-est du Japon, au-delà de la zone la plus proche de la centrale, la vaste majorité des poissons pêchés restent en dessous des limites autorisées pour la consommation, même si les autorités japonaises les ont resserrées en avril 2012.


Pour Ken Buesseler, qui avait conduit en 2011 une mission internationale de recherche sur un navire afin d’étudier la dispersion des radionucléides provenant de Fukushima, « il faudra faire plus qu’étudier les poissons pour prédire comment évolueront ces différents niveaux de contamination ».« Nous avons surtout besoin de mieux comprendre les sources de césium et d’autres radionucléides qui continuent à maintenir ces niveaux de radioactivité dans l’océan au large de Fukushima », insiste-t-il
Ken Buesseler et son collègue Mitsuo Uematsu, de l’Université de Tokyo, organisent un symposium à Tokyo les 12 et 13 novembre pour présenter les dernières estimations disponibles sur les émissions de radioactivité de la centrale Fukushima Daiichi, ainsi que leur impact sur l’océan, la vie marine, les poissons et fruits de mer.

Pour Buesseler, spécialiste en chimie marine, il s’agit du « plus important rejet radioactif accidentel dans l’océan de toute l’Histoire ».

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