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Le Pitch Cinéma du 22 février

Émission du 22/02/2017

Sommaire

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    Le Pitch Cinéma du 22 février

    SI J’ÉTAIS UN HOMME d'Audrey Dana
    Avec Audrey Dana, Éric Elmosnino, Alice Belaïdi et Christian Clavier.

     

    Qui n’a jamais imaginé ce que ça ferait d’être dans la peau du sexe opposé, ne serait-ce qu’une journée ? Eh bien, pas Jeanne ! 
    Fraichement divorcée, séparée de ses enfants une semaine sur deux, pour elle les mecs c’est fini, elle ne veut plus jamais en entendre parler. Mais un beau matin, sa vie s’apprête à prendre un drôle de tournant, à première vue rien n’a changé chez elle… à un détail près ! 
    De situations cocasses en fous rires avec sa meilleure amie, de panique en remise en question avec son gynéco, notre héroïne, tentera tant bien que mal de traverser cette situation pour le moins… inédite.

    L'idée du film est venue à Audrey Dana il y a une vingtaine d'années : « alors que je vivais à New York, j’ai rêvé que je me réveillais 'avec un truc en plus'… Je m’habillais en toute hâte pour aller voir un médecin et comprendre ce qui m’arrivait. Ce rêve était si réaliste et troublant qu’en me réveillant, j’en éprouvais encore fortement toutes les sensations physiques, et j’avais comme oublié ce que ça faisait d’être une femme. Au bout de quelques jours, ces sensations se sont évanouies, j’en ai perdu la mémoire physique et me suis à nouveau sentie ‘femme’. Ce rêve saugrenu m’est resté en tête. Je sentais qu’il était porteur de sens pour moi, sans savoir encore lequel ».

    Mais c'est il y a trois ans, lors de la postproduction de « Sous les jupes des filles », que la cinéaste a pensé à une comédie centrée sur cette trame. Elle se rappelle : « alors que je montais une scène avec Marina Hands qui joue une mère de famille naïve, dans l’abnégation, il m’est apparu que, si un personnage comme celui-ci se réveillait brutalement avec ‘un truc en plus’, là, il y aurait une belle matière à comédie. L’idée d’en faire un film est ainsi née. »

    Pour Audrey Dana, nous portons tous en nous une part de l’autre « genre » et beaucoup de codes sociaux nous cantonnent, à tort, à l’un ou l'autre. La trame de ce film constitue ainsi un bon moyen de tordre le cou à ces « valeurs ». Elle poursuit : « il y a des hommes plus féminins que moi et des femmes plus ‘viriles’ que certains hommes. Et si je suis honnête, parfois j’ai l’impression d’être un homme qui vit son rêve le plus fou : celui d’être une femme ! Mais ça, c’est parce que j’ai été élevée ainsi, 'autorisée' à être qui je suis. Nous vivons dans une société assez machiste, fondée sur le fait qu’être un homme donne plus de droits. Que se passerait-il donc si on donnait ces 'attributs masculins tout-puissants' à une fille ? ».

    Pour l’aider dans l’écriture du film, Audrey Dana s’est entourée de deux scénaristes. Trois femmes pour parler du masculin. La réalisatrice explique la manière dont elle a travaillé : « au préalable, j’ai interviewé beaucoup d’hommes. Après un court questionnaire, qui m'a permis de faire un premier tri, j'ai posé des questions à une centaine d'hommes très différents sur leur rapport au sexe. Je craignais qu’ils n’osent pas me parler librement durant ces interviews. Alors le deal était : je vous donne le pitch de mon film, c’est secret, et vous, vous vous racontez. De leur enfance à leur vie actuelle, tous ces hommes se sont livrés, parfois pendant de longues heures, ils ont parlé de leur sexe, de leur sexualité, sans honte, sans crainte, sans pudeur. Ce qui m’a le plus bouleversée, c’est que chacun d’entre eux m’a dit se sentir libéré à la fin de l’entretien, car c’était la première fois qu’ils parlaient de ‘ça’ de façon aussi ouverte. Une centaine d’hommes, j’en conviens, ce n’est pas assez pour faire le tour de la question. Mais ça m’a beaucoup aidée à écrire ce scénario ».

    Pour Audrey Dana, le film a des allures de fable : « Le film débute comme un conte de fées. À la fin de son préambule, le conte de fées est rompu… mais c’est un autre qui commence, un peu moins 'fleur bleue' ! Je revendique la fable ET le ludique. Je souhaite avant tout faire rire, divertir, et plus encore avec un sujet comme celui-ci. »

    C'est au cours d'une nuit d'orage que le personnage de Jeanne se « métamorphose ». Elle s’explique : « il m’est venue cette idée d’orage dont Jeanne a la phobie. L’orage, c’est le propre du conte, mais c’est aussi l’électricité, l’eau, le feu, la terre. J’introduis ainsi le film avec l’idée d’une nature qui gronde et vient secouer Jeanne pour l’aider à se rencontrer et se mettre en marche. »

    À travers le personnage de Jeanne, le film explore les frontières du masculin et du féminin : « j’essaie, à travers cette fable, de questionner la notion de genre. Il ne s’agit en aucun cas d’opposer le masculin et le féminin, les hommes et les femmes, mais, sous des couverts ludiques – car c’est une comédie ! – de faire tomber les clichés, d’inviter à une forme de réconciliation entre les genres. C’est une invitation à l’équilibre et à l’acceptation des différences. »

    Concernant le casting, Audrey Dana a longuement hésité à jouer le rôle de Jeanne : « ce fut le sujet d’une longue réflexion. Je savais que je ne pouvais pas choisir une fille d’1m70 avec les épaules très larges. Il fallait que ce soit une actrice féminine. Autre chose : avec ce rôle, on touche à quelque chose d’extrêmement délicat qui est la pudeur (…) J’ai préféré braver ma propre pudeur que de bousculer celle d’une autre. »

    Pour le choix d’Éric Elmosnino dans le rôle de Merlin, elle ne tarit pas d’éloges à son sujet : « c’est un acteur sans limites, d’une grande subtilité dans le jeu et d’une rare justesse. C’est quelqu’un qui s’assume tel qu’il est. Il ne fait pas semblant, il ne triche pas, il est très entier, doux, équilibré. Il casse précisément les clichés liés aux codes du masculin. »

    Quant au choix d’Alice Belaïdi : « c’est une actrice authentique, d’une générosité sans bornes, qui n’a pas peur et qui, parce que c’est notre deuxième film ensemble, me fait une confiance absolue. Elle est dotée d’un réel équilibre masculin-féminin, même physiquement ! J’ai écrit pour elle, puis j’ai voulu envisager quelqu’un d’autre, et je suis revenue à elle. En fait, j’avais toujours sa voix en tête. Alice, c’est ma famille ! »

     

    FENCES de Denzel Washington
    Avec Denzel Washington, Viola Davis et Jovan Adepo.

     

    Meilleur acteur pour Denzel Washington + Meilleure actrice dans un second rôle pour Viola Davis au Screen Actors Guild Awards 2017​
    Meilleure actrice dans un second rôle pour Viola Davis aux BAFTA Awards

    Le film est nommé 4 fois aux OSCARS dans la catégorie : Meilleur film / Meilleur acteur pour Denzel Washington / Meilleur second rôle féminin pour Viola Davis / Meilleur second rôle adapté.

    Il s'agit de son troisième long-métrage en tant que réalisateur après « Antwone Fisher » (2003) et « The Great Debaters » (2007). 

    Pittsburgh, dans les années 50. Il y a bien longtemps, Troy Maxson aspirait à devenir joueur de base-ball professionnel. Mais les grands clubs du pays n’acceptaient pas de Noirs dans leurs rangs. Troy s’est résigné à devenir employé municipal pour faire vivre sa femme et son fils mais son rêve déchu continue à le ronger de l’intérieur. Il prend alors une décision dont les conséquences mettent sa famille en péril…

    « Fences » est tiré de la pièce de théâtre du même nom écrite en 1983 par August Wilson et récompensée du Prix Pulitzer en 1987. Elle a également remporté le Tony Award de la meilleure pièce la même année. Denzel Washington et Viola Davis ont déjà incarné Troy et Rose Maxon dans cette même pièce à Broadway en 2010. Le rôle de ces parents luttant pour le bien de leur famille a même valu aux deux comédiens un Tony Award (l'équivalent des Molières en France) : « c’est une comédienne d’une puissance formidable. C’est vraiment le terme qui me vient à l’esprit : la puissance », déclare Denzel Washington au sujet de Viola Davis.

    Denzel Washington a connu l'auteur August Wilson à travers une rencontre qui s'est déroulée sur une journée au début des années 2000 (Wilson est mort en 2005) : « j'ai pris l’avion jusqu’à Seattle où il vivait à l’époque. Il a plu toute la journée et August n’a pas arrêté de fumer. Et il écrivait. Il écrivait 'Gem of the Ocean', son avant-dernière pièce, et mon agent m’a conseillé d’aller le voir. Du coup, c’est ce que j’ai fait et on a bavardé toute la journée. Il m’a parlé du contexte dont il avait besoin pour écrire ses pièces : il verrouille toutes les portes, il ferme les fenêtres et il écrit ensuite ce que les personnages lui disent d’écrire. Le message qu’il voulait me faire passer, c’est qu’il écrivait ce qu’il se sentait obligé d’écrire. Je comprenais très bien ce qu’il voulait dire. Je me souviens parfaitement de cette journée. C’était une journée formidable », confie l'acteur.

    Chose assez rare au cinéma, « Fences » a été tourné dans l'ordre chronologique : « Je suis comédien avant tout et je sais à quel point cela peut faire la différence. Je sais ce qu’on ressent quand on est acteur. Souvent, vous débarquez sur le plateau le premier jour du tournage et vous commencez par tourner la scène finale à un moment où vous ne savez même pas comment votre personnage en est arrivé là. Du coup, on a essayé de tourner dans l’ordre chronologique à chaque fois qu’on le pouvait », analyse Denzel Washington.

    Le rapport à la religion est très présent dans l'oeuvre d'August Wilson. Denzel Washington en donne son ressenti : « je préfère le terme de ‘spiritualité’ car dès qu’on parle de ‘religion’, l’homme s’en mêle. Il a tendance à penser que sa religion est la bonne et pas celle de son voisin… De toute évidence, August était habité par la spiritualité, tout comme moi. J’essaie de faire en sorte que chaque geste de mon quotidien soit empreint de spiritualité. Je commence ma journée par une prière. Je ne dis pas aux autres ce qu’ils sont censés croire et je n’aime pas le mot de 'religion'. Parce qu’à mes yeux, c’est une invention de l’homme. Ça sent l’homme à plein nez. »

     

    ** BONUS **

     

    DE SAS EN SAS de Rachida Brakni
    Avec Zita Hanrot, Meriem Serbah et Fabienne Babe.

     

    Prix du public - Longs métrages au Festival du Film de Belfort

    Par une journée d'été, Nora et sa mère Fatma prennent la route en direction de Fleury-Mérogis, où des femmes rendent régulièrement vi­site à un proche, un fils, un père, un frère, un compagnon. À l'entrée de l'établissement, elles retrouvent les visages connus des gardiens et des autres visiteuses : Judith, Houria, Sonia, Nawell... C'est le début d'une longue tra­versée de sas en sas, des premiers contrôles jusqu'au parloir. Mais ce jour-là, la canicule rend l'attente insupportable. À mesure qu’elles avancent, les liens du groupe se font et se défont, la tension monte jusqu’à ce qu’elles laissent exploser leurs rancoeurs.

    « De sas en sas » est le premier long-métrage Rachida Brakni. L’idée est née du désir de raconter une histoire à partir de ce qu'elle a vu lorsqu'elle a rendu visite à un proche dans la célèbre prison de Fleury-Mérogis : « Ce qui m’a frappé d’emblée, c’est l’absence d’hommes parmi les visiteurs dans une prison d’hommes. Pourquoi les pères et les frères ne viennent-ils pas ? Par ailleurs, j’ai découvert que la prison demeure un des der­niers lieux emblématiques de la République : la mixité sociale et culturelle qu’on y trouve est sans équivalent avec ce que sont devenus l’école et l’hôpital. Des femmes issues de milieux que tout oppose et qui ne se seraient jamais côtoyées ailleurs fi­nissent par se rapprocher et développer une solidarité. Parce qu’elles sont enfer­mées ensemble… »

    Dans le film, les surveillants de prison ne sont pas dépeints comme les matons sadiques qu'on a l'habitude de voir au cinéma. Si Rachida Brakni était, lors de ses premières visites, comme le personnage de Nora (pensant que « les gardiens sont tous des cons »), elle a rapidement compris qu'ils sont eux aussi des personnes enfermées en proie à la même violence que celle qui touche les prisonniers. « Les gardiens gagnent très mal leur vie. L’alcoolisme, l’absentéisme, le taux de suicide sont très importants. Et leur espérance de vie est beaucoup plus faible que la moyenne », confie la réalisatrice.

    L'intrigue de « De sas en sas » se déroule lors d’une journée d’été et Rachida Brakni s'est inspirée de la canicule de 2003 où il y avait eu un début de mutinerie à Fleury-Mérogis à cause de la chaleur insupportable. La cinéaste se souvient : « Les détenus avaient cassé un grand nombre de vitres pour respirer, avoir de l'air. Certains avaient même mis le feu à des matelas... Il s’agissait donc de rendre compte de ce climat tendu sans jamais l’expliquer, ni voir les prisonniers. Le pari était de montrer comment les femmes sont affectées par cette dimension irréelle, inquiétante, presque fantastique du lieu, comment elles sont insensiblement modifiées par cet état d’enfermement jusqu’à ce qu’elles-mêmes éclatent et se retrouvent dans un état grégaire. On a tourné avec deux caméras, c’était le seul moyen pour s’autoriser à improviser et laisser de l’espace aux acteurs. »

    Comme il est impossible de tourner dans une prison, Rachida Brakni a posé ses caméras dans un hôpital psychiatrique désaffecté pour femmes à Maison Blanche (Neuilly-sur-Marne). Il s'agit d'un vaste enclos dans lequel la circulation est labyrinthique et où les couloirs sont très étroits. Elle développe : « Le lieu est configuré de telle sorte que dans chaque pièce, on sent la présence d’un regard, l’intimité n’existe pas, comme dans un panoptique. Les vitres sont opaques : on perçoit les silhouettes qui passent. Lorsqu’on est au sous-sol, on aperçoit les pieds des personnes qui marchent au-dessus de notre tête. C’est ce même sentiment d’être observé qu’on ressent dans les sas en prison. »

    Le casting est composé de comédiennes professionnelles et non-professionnelles. La cinéaste développe : « il n’y avait pas de hiérarchie sur le plateau. On a fonctionné comme une troupe de théâtre. J’ai rencontré Souad Flissi (Houria) dans le bar qu’elle tient. Mbaye Samb, je l’ai trouvé au fast-food de Château-Rouge, il vit dans un foyer du 18e. Zita Hanrot (Nora) et Simon Bourgade (jeune surveillant), je les ai découverts au Conservatoire. Samira Brahmia (Fatma), je l’ai vue pour la première fois dans 'The Voice' où elle venait chanter en arabe avec sa guitare. Même s’il y a un peu de moi dans chacun des personnages féminins, je les ai toutes choisies pour ce qu’elles étaient. À l’écran, vous les voyez telles qu’elles sont, elles ont été ma matière brute pour faire évoluer les personnages. »

     

    LION de Garth Davis
    Avec Dev Patel, Sunny Pawar, Rooney Mara et Nicole Kidman.

     

    Meilleur acteur dans un second rôle pour Dev Patel + Meilleur scénario adapté pour Luke Davies aux BAFTA Awards
    Meilleur réalisateur pour un premier film aux Directors Guild of America Awards
    Le film est nommé 6 fois aux OSCARS dans la catégorie : Meilleur film / Meilleur second rôle féminin pour Nicole Kidman / Meilleur second rôle masculin pour Dev Patel / Meilleur scénario adapté / Meilleure musique de film / Meilleure photographie.

    « Lion » est le premier long-métrage de Garth Davis. Il a notamment réalisé plusieurs épisodes de la série « Top of the Lake » de Jane Campion. C’est lors du festival de Sundance, en 2013 que les producteurs Iain Canning et Emile Sherman ont proposé à Garth Davis de réaliser le film « on a suivi notre instinct. On avait le sentiment que Garth, même s'il n'avait pas encore réalisé de long métrage, était exactement le metteur en scène qu'il nous fallait », précise Sherman. 

    L'histoire de « Lion » est adaptée de l'histoire vraie de Saroo Brierley, qui a notamment fait l'objet d'un reportage et d'une publicité pour Google afin de promouvoir... Google Earth. Après avoir appris le rôle central que Google Earth avait joué dans la recherche de son village natal, le géant de l'Internet a également proposé à Saroo de participer à une conférence internationale où il a rencontré le PDG de l'entreprise, Eric Schmidt. Google a accompagné la production tout au long du tournage, faisant en sorte que les scènes où Saroo recherche son village sur Google Earth soient authentiques.

    Déterminé à être au plus proche de la vérité, Garth Davis s'est rendu à Calcutta et dans le village natal de Saroo pendant la phase de développement du projet. Il a également assisté à la première rencontre entre la mère biologique de Saroo, Kamla, et sa mère adoptive, Sue. Quelques scènes ont été tournées sur place et les proches du jeune homme étaient les bienvenus sur le plateau - la famille Brierley a ainsi été invitée sur le tournage du film, en Tasmanie.

    Le nom de Dev Patel s'est imposé très tôt dans la phase de préparation du projet. L'acteur a toutefois passé un drôle d'essai, que raconte Garth Davis : « Dev a appris qu'on développait ce projet au moment de l'écriture. Il a débarqué un jour chez Luke Davies – scénariste - à Los Angeles où on travaillait, il est entré chez lui et il s'est présenté. Le rôle le passionnait. Finalement, on a fait un bout d'essai de 4h30 à Londres – pieds nus et avec une caméra à l'épaule – et j'ai poussé Dev dans ses retranchements pour voir jusqu'où il était prêt à aller. Il nous fallait quelqu'un qui ait une vraie grandeur d'âme et Dev était notre homme ! », s'amuse le réalisateur. Dev Patel a mis huit mois pour se préparer à jouer son rôle : le temps de suivre un régime alimentaire strict, de faire du sport pour développer sa musculature, d'adopter un accent australien convaincant et de se laisser pousser la barbe. Ainsi, l'acteur collait parfaitement au physique du véritable Saroo Brierley.

    L'une des plus grandes difficultés consistait à dénicher un garçon capable de camper Saroo à l'âge de 5 ans. L'équipe indienne a travaillé en étroite collaboration avec des écoles et des parents d'élèves dans tout le pays, et a fait passer des essais à des milliers d'enfants. Ces essais filmés étaient visionnés par Garth Davis et son équipe en Australie, avant qu'ils ne se rendent en Inde pour rencontrer les enfants en chair et en os. Garth Davis avait une idée très précise de ce qu'il recherchait : « En général, les enfants peuvent se révéler bons comédiens à partir de 8 ans. En revanche, il est plus difficile de trouver un enfant de 5 ans qui sait bien jouer la comédie. Il me fallait un garçon qui possédait naturellement 80% du jeu d'acteur que j'allais lui demander, un enfant dont le regard était habité et dont on sentait qu'il avait déjà vécu. Avec Sunny, on était comblé. C'était un gamin pas comme les autres. C'était absolument sidérant de voir qu'il insufflait à son jeu quelque chose qu'on ne lui demandait pas » se souvient le réalisateur.

    Pendant la préparation du film, Saroo Brierley a raconté à Garth Davis qu'un papillon venait le voir à chaque fois qu'il était en danger. Pour lui, l'insecte incarne l'esprit de son frère aîné Guddu qui l'accompagne et le guide. « J'ai discuté avec Emile – Sherman : productrice - quand on était à Sundance et je lui ai dit 'je crois que le papillon est le totem spirituel du film mais on n'a pas besoin d'insister là-dessus et on peut simplement l'évoquer de manière métaphorique' », se souvient le réalisateur. « Après cette conversation, nous sommes allés à une réception et cinq minutes plus tard, un sans-abri indien est entré dans la salle pour nous vendre des broches en forme de papillon pour gagner un peu d'argent. J'ai regardé Emile et je lui ai dit 'quelque chose est en train de se passer' ».

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